Si la vie sexuelle des femmes diminue après la ménopause, c’est aussi lié à la santé du conjoint

Si la vie sexuelle des femmes diminue après la ménopause, c’est aussi lié à la santé du conjoint

Sécheresse vaginale et perte de désir sont-elles vraiment les seules responsables de la baisse de la vie sexuelle chez les femmes ménopausées ? Une étude récente, menée sur 24 000 femmes âgées de 50 à 74 ans en Grande-Bretagne, montre que les changements hormonaux liés à la ménopause ne seraient qu’une des multiples raisons qui expliquent la baisse d’activité sexuelle chez les femmes plus âgées. Cette étude démontre que si les femmes sont traditionnellement pointées du doigt lors d’une baisse de la sexualité au sein du couple, la santé physique et mentale de leur conjoint serait en réalité un des facteurs majeurs de la diminution des rapports.

«Une vraie découverte», a annoncé la professeure Stephanie Faubion, directrice d’une clinique spécialisée dans la santé des femmes, au journal The New York Times. Alors que 75 % des femmes interrogées ont déclaré avoir un partenaire, moins de la moitié (49,2 %) continue d’avoir une vie sexuellement active. Les raisons qu’elles invoquent pour expliquer ce changement dans leur vie intime lèvent le voile sur la douleur et la tristesse qui se cachent parfois derrière les pourcentages.

Des témoignages puissants

Quand 37 % des femmes évoquent le décès de leur conjoint ou un divorce comme étant une des causes principales de l’interruption de leur sexualité, presque un quart (23 %) mentionnent les problèmes physiques de leur conjoint. Les témoignages relevés dans cette étude par le New York Times sont puissants : «Suite à une chirurgie de la prostate et du diabète, mon conjoint n’arrive plus à maintenir une érection qui permet la pénétration.» Une autre femme de 52 ans raconte : «Mon mari est paralysé à la suite d’un AVC. Les relations sexuelles sont très difficiles. Je reste avec lui comme compagne et soignante.»

Parfois avec tristesse et culpabilité, un tiers d’entre elles avouent ne plus ressentir aucun intérêt dans le fait de maintenir une vie sexuelle active. Une perte d’intérêt que partagent 21 % des hommes, toujours selon cette étude. Des professionnels de la santé, interrogés par le journal américain, ont fait part du manque de dialogue entre patients et médecins sur le sujet. Stephanie Faubion estime qu’il est important pour les couples de comprendre que les changements liés au désir sont normaux et qu’ils entrent tout simplement dans un nouveau chapitre de leur histoire.


Mathilde Bienvenu

 

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